mardi 27 décembre 2005

In memoriam

Il y a exactement un an et un jour le guitariste-vocaliste de Nasum Mieszko Talarczyk mourrait, ainsi que plusieurs centaines de milliers de personnes en Thaïlande.

Ce décès mit fin à Nasum dont il n'était pas le fondateur mais néanmoins le membre le plus emblématique au point d'en devenir le frontman. La discographie de Nasum se compose de Inhale / Exhale (1998), Human 2.0 (2000), Helvete (2003) et Shift (2004), sans oublier la double compilation testamentaire Grind Finale (2005) et toute une tripotée de splits et EP en tout genre - grindcore oblige.

Nasum est né en 1992 dans l'ombre du groupe de death metal Necrony avant de devenir le projet principal de ses membres, et pratiquait son art dans sa plus pure tradition ; c'est-à-dire en exécutant un grindcore politisé et contestataire dans la « droite » filiation gauchisante d'un Napalm Death.

nota bene : le site de Nasum propose une pelletée de morceaux en libre téléchargement.

It’s been one year day-to-day that Nasum’s Mieszko T. died in Thailand, carried away by "the" tsunami. His band did not survive his death. Nasum’s discography is mainly composed of four albums, as well as many splits and EP - we’re talkin’ grindcore here - and a mammoth-sized compilation (Grind Finale). Born under the Necrony moniker and true to the genre’s commandments, Nasum did provide us with left-wing radical grindcore, à la Napalm Death with whom they shared many stages. Unlike flesh, art is immortal : find a shitload of Nasum' songs here.

samedi 24 décembre 2005

Le chanteur qui savait chanter


Le metal est un genre musical « à voix » (y compris dans ses subdivisions extrêmes puisqu'il faut de véritables performers pour sortir de bons vokills), en particulier dans le heavy metal le plus traditionnel. Le chant lyrico-opératique d'un Dickinson, d'un Kiske ou d'un Halford pour ne citer que les plus éminents représentants de ce courant a souvent plus de connexions avec les techniques vocales classiques qu'avec les vocaux imbibés de Jack Daniel's qui ont fréquemment cours dans le rock.

Dans un registre cependant plus personnel que les musiciens sus-nommés (on n'ose dire les Grands Anciens), il existe un grand oublié auquel je veux rendre justice aujourd'hui : Roy S. Khan. Un artiste doté d'une voix extraordinaire qui transcende encore les albums de Conception - au même titre que la guitare de Tore Østby. Un timbre magnifique, assez sombre mais crystal-clear comme dirait les anglo-saxons, une voix parfaitement modulée exacerbant la sensibilité des compositions du groupe, et surtout une puissance maîtrisée sont ses armes principales. Après avoir ressorti l'autre jour de derrière les fagots Parallel Minds et The Last Sunset, la voix de ce mec m'a complètement sciée et j'ai redécouvert ces deux albums certes datés aujourd'hui, mais qui demeurent des références en matière de heavy metal mélodique nordique (l'origine géographique joue tellement dans le metal !). Car c'est bien là le style pratiqué par Conception, même si le groupe est souvent qualifié abusivement de metal prog. Une manie d'ailleurs ridicule - parmi d'autres - dans notre genre adoré : dès qu'un arpège est doublé, qu'il y a plus d'un break dans un morceau et qu'un synthé traîne dans les parages, l'on se pâme en invoquant la sacro-sainte « progressivité » de l'affaire... voir mes chéris d'Iron Maiden qui ne seront jamais (tant mieux) Genesis !

Bref - c'était l'occasion de reparler un peu de Conception - clairement l'un des groupes les plus sous-estimés des années 90 dans son genre - et surtout de rendre hommage à ce merveilleux vocaliste qu'est Roy Khan. Il ne me reste plus qu'à écouter un peu de Kamelot puisqu'il officie désormais dans ce groupe (que jusqu'ici j'évitais comme la peste sans savoir qui en tenait le micro) ! Pour la petite histoire, Østby continue à souquer ferme dans le monde métallique soit en solo, soit en louant ses services de mercenaire six-cordiste au plus offrant. Quant au troisième larron Ingar Hamlien, il a fondé le passablement black metal Crest of Darkness... un comble quand on sait que Conception avait la réputation d'être un groupe de croyants légèrement prosélytes ! Le patronyme, avec ses gros sabots, annonçait de toute façon la couleur...

Ol’ good metal needs an ol’ good voice, whether labelled extreme, classic, thrash, power, whatever the fuck you want. No one could pull off Halford’s task in Priest, nor Steve Reynolds’ in fuckin’ Demolition Hammer – there are some shoes you just can’t fill. So let me bring back from the past Conception and their great singer – Roy S. Khan. These Scandinavians put out two really good albums, still standing out today, graced by Roy’s voice. What you have here is a melodic and powerful delivery, somber enough when needed but always OTT. Conception is not a well-known name today – its legacy has been forgotten in metal’s official history. Roy Khan has been luckier and went on singing for Kamelot, an established act bigger than Conception ever dreamt to be.

Le Myspace de Conception.

mardi 20 décembre 2005

Considérations théologiques


Les Mayas avaient les leurs, les Incas aussi. Les chrétiens, les juifs et les musulmans ont le leur. Les Gaulois, les Romains, les Égyptiens également. Les vikings aussi. Les Indiens, idem. Les animistes et les shintoïstes ? Pareil. Même chose pour les voleurs, les satanistes, les profondeurs... Les barbares de tous poils en adoraient aussi - par Crom ! Les libéraux vénèrent les leurs, ainsi que les Sumériens (ce ne doit pas être les mêmes... quoique). Lovecraft avait d'ailleurs fait les siens de ces derniers, et les partage avec Trey Azagthoth. La guerre et l'amour en ont un aussi... Les forêts de l'empire du Milieu ? Oui. Les Raëliens également, et on leur souhaite de les rejoindre au plus vite - tous les moyens sont acceptés. Les extraterrestres adorent certainement aussi, et il est peu probable que les hommes de demain s'en passent. Et ceci n'est qu'un début de commencement d'une ombre de liste !

Bref, moi aussi j'ai mes dieux. Leurs principales caractéristiques ? Ils pratiquent le heavy metal comme personne... et prennent le thé tous les jours à dix-sept heures. So british. Et pour conclure cette notule en beauté, on laissera le mot de la fin à quelqu'un qui, tout dieu du heavy metal qu'il soit, ne sera jamais dieu de l'amûr. En témoigne son impayable réflexion sur le sujet : « l'amour, ce n'est pas seulement un homme fuck une amie. Non, ce n'est pas »...

I’d gladly die for Iron Maiden. Maybe the guys will use my decomposed body (I'll give it to them) on stage, as the next Eddie ? Please, just don’t put silly lighting effects up my arse… Just kidding. But yeah, Maiden rules over my private pantheon. If it wasn’t for my girlfriend, I would have Eddie’ statues and figurines all over my place. For all of you guys who do not revere Maiden the way they shall be revered, stop reading this and leave these pages. Forever and at once !

Le site et le Myspace d'Iron Maiden.

vendredi 16 décembre 2005

Artistiquement vôtre !


Assez marrant de constater la parenté entre la pochette de This Godless Endeavor (Nevermore, une des plus belles de 2005) et celle de Into the Mirror Black (Sanctuary) ! Nevermore a été fondé sur les cendres de Sanctuary par Dane, Loomis et Sheppard mais cette proximité artistique des deux jaquettes n'est pas intentionnelle, car le visuel de This Godless Endeavor est une illustration originale non créée pour le groupe - fruit du hasard et d'une rencontre avec Hugh Syme.

Quoi qu'il en soit, longue vie à Nevermore qui poursuit une carrière aussi intègre et exemplaire que son ascension est actuellement fulgurante. Et puis quel frontman ce Warrel Dane ! Pour le plaisir des yeux n'hésitez pas non plus à visiter le site de Syme : un véritable artiste qui n'a commis que peu de fautes de goût (la plus évidente restant l'ignoble pochette du tristounet The X Factor de Maiden) mais qui peut se targuer d'avoir réalisé quelques-uns des plus beaux visuels de l'histoire du rock, tous styles confondus.

Don’t ya think This Godless Endeavor’s cover bears a strong resemblance to that of Into the Mirror Black (by proto-Nevermore act Sanctuary) ? Well, this wasn’t meant to be, as the former wasn’t specifically created for Nevermore. I am not what you would call a Nevermore fan, but one must admit their career is, up to now, an exemplary one. And Warrel Dane’s a better frontman than most. Going back to H. Syme, better remember Nevermore’s last cover art than the disastrous one he did for Maiden !

Le Myspace de Nevermore et le site de Hugh Syme.

mardi 13 décembre 2005

Searing Meadow s'est perdu dans la terre des Mille Lacs... mais avec quel talent !


Récemment reçus, Enduring Enchantment et Corroding From Inside, respectivement dernière démo et premier album de Searing Meadow. Les membres de ce groupe et moi-même partageons un point commun : nous sommes traumatisés par le mirifique Tales From the Thousand Lakes d'Amorphis (soyons fou : le meilleur album de death metal scandinave jamais sorti) et il est donc bien normal que je me sois intéressé à leur cas ! Trêve de bavardage, allons à l'essentiel. Searing Meadow est finlandais et cela s'entend dès le premier - et excellent - morceau Wasted Heroes. Ce qui veut dire que son death metal, aussi mélodique que mélancolique, baigne dans une ambiance septentrionale délicatement givrée et géographiquement identifiable entre mille. Sans épiloguer sur le sujet, l'influence évidente est donc Amorphis. Searing Meadow possède cet aspect doomy et ces relents folk qui caractérisaient les Amorphes dans leur période glorieuse... Un pur bonheur, et c'est d'ailleurs bien là que réside l'âme du combo. On distingue également un côté Sentenced période Amok dans les belles harmonies à deux guitares (tirez sur le fil : au bout de la pelote, Maiden) ainsi que dans le riffing énergique et puissant. Pour en finir avec le chapitre « sous influence », un petit bout de Katatonia est tombé dans la marmite... petit bout qui crie très fort pendant Crystal Blood ! On relèvera enfin la sauce avec quelques riffs épicés directement importés de Göteborg (brutal Mirror of Irony) et la recette est complète.

Mais Searing Meadow n'est pas dépourvu de personnalité pour autant ! On perçoit d'ailleurs un petit côté rock n' roll très intéressant et qui sera, à coup sûr, exploité dans le futur du groupe (le choix qu'a fait Entombed très tôt dans sa carrière - plus un groupe de rock qui joue du death que l'inverse)... En tout cas les membres de Searing Meadow sont jeunes, passionnés et leur musique ne pourra que plaire aux amateurs de death mélodique tantôt épique, tantôt atmosphérique, mais toujours catchy... Un groupe qui donne presque envie d'utiliser le qualificatif « beau » pour décrire sa musique, ce qui est plutôt rare dans le style. Pour rassurer ceux qui partent déjà en courant, précisons qu'on est très loin d'une énième connerie sucrée : c'est bien de death metal qu'il s'agit, « beau » n'étant dans ma bouche pas spécialement évocateur du metal gothic-et-toc qui sévit actuellement... Le groupe n'oublie pas non plus d'être très agressif quand il le faut et maîtrise parfaitement les accélérations hargneuses et vindicatives, sans parler du growling inspiré - l'ombre de Tomi Koivusaari rôde (derrière un sapin).

J'aimerais finir cette note dithyrambique en ajoutant que les mecs de Searing Meadow sont des chics types en plus d'être d'excellents musiciens et j'en profite pour saluer Mika Ikonen (thanks, keep up the good work & up the irons !)... Le site est à visiter, les extraits sont à écouter... et l'album est dispo chez Crash Music ou en s'adressant directement au groupe (la démo est dispo via le site pour cinq euros). Sans trop m'avancer, je pense vraiment que Searing Meadow fera bientôt parler de lui à plus grande échelle.

Searing Meadow is an up-and-coming band hailing from Finland – I have to say their style is tremendously classic Amorphis-infused, and that’s why I love them so much (everyone knows that Tales From the Thousand Lakes is the best fuckin’ piece of metal ever harking from vinlandian territory). But there’s more than meets the eye in there and you can tell the guys have also been listening to Sentenced, Katatonia and more generic Gothenburg metal. And in case you were wondering, yeah, Searing Meadow do have its own sound – we’re not talking about a fuckin’ copycat here. Catchy, moody albeit aggressive, Searing Meadow also features gentleman Mika Ikonen’s powerful growling, a busy man involved in other grim projects. In short, Corroding From Inside kicks serious ass and you’d better get ahold of it now !

Corroding From Inside (Crash Music, 2004)

01 Wasted Heroes
02 All Obvious
03 Another Savior
04 Infamous Lines
05 Crystalblood
06 Mirror of Irony
07 These Evening Tears
08 Fading To Silhouette
09 Blame the Nihilist
10 Three Names For Denial
11 One Phase of Distant Clarity
12 Fading To Silhouette (Part II)

Le Myspace de Searing Meadow.

samedi 10 décembre 2005

A kind of magic


Waldemar Sorychta est un magicien. Son domaine ? Le son. Le petit plus qui fait que ce mec est un génie ? Assez inexplicable, et pourtant il existe bien une « patte » Sorychta. Il suffit d'écouter les albums qu'il a produits pour s'en convaincre. Pêle-mêle : Wildhoney de Tiamat, Mandylion de The Gathering, Wolfheart et Irreligious de Moonspell, Ceremony of Opposites et Passage de Samael, Amok et Down de Sentenced, A Dead Poem de Rotting Christ... liste non-exhaustive bien sûr. Des albums inspirés, occultes, mystérieux et tout simplement diablement efficaces qui forment le haut du panier en matière de metal des 90's. Les amateurs auront reconnu un autre dénominateur commun à tout ce petit monde, outre Sorychta et le Woodhouse Studio : Century Media. Certes, cette boîte est aujourd'hui un peu décriée et certains de ses poulains les plus prestigieux ont quitté l'écurie avec pertes et fracas. Mais Century Media aura permis à tous ces groupes d'enfanter de leurs meilleurs opus sous la houlette de ce maître-producteur. Avant Tägtgren et ses Abyss Studios, avant Nordström et le Fredman, ce mec avait tout compris au son qu'il fallait donner à cette génération montante, agressive et avant-gardiste (pendant ce temps-là le metal plus traditionnel et le « hard rock » se cassaient joliment la gueule : les mid-nineties auront vraiment été les années glorieuses des sous-genres plus « durs » ou plus originaux, pas encore étouffés dans l'œuf par le téléchargement et la surpopulation).

A l'instar de son collègue Dan Swanö, autre producteur de génie de l'époque (combien de classiques sont sortis du Unisound ?), Sorychta avait cette dimension maïeutique en cela qu'il a su faire accoucher ces groupes des albums susnommés, tous indispensables. Des producteurs sachant faire un « gros son », ça court les rues. Des producteurs sachant insuffler dans leurs travaux cette magie que possédait Sorychta sans pour autant vampiriser la personnalité des « patients », franchement c'est bien plus rare et pour ma part je n'en connais pas d'autre. Ne surtout pas louper les rééditions de Ceremony of Opposites (enrichi de l'EP Rebellion, voir la note Le mouvement perpétuel), de Amok (plus l'EP Love & Death), et de Mandylion ! Pour finir ajoutons que Sorychta est un artiste complet qui donne aussi dans l'illustration et la peinture, et qui sort ponctuellement des albums en tant que guitariste au sein du groupe de thrash Grip Inc. (éternel second couteau plutôt intéressant dont le principal titre de noblesse est de compter un certain Dave Lombardo dans ses rangs).

I just can’t get enough of Mr. Sorychta’s productions. Not surprising for a worshipper of the towering darkness of the ‘90s (Tiamat, Moonspell, Samael, Rotting Christ…), uh ? One can’t ignore the fact that all those now-classic, Sorychta-produced bands where part of the Century Media roster – where would be dark, gothic-tinged metal today without CM ? What I call “Sorychta’s magic touch” is his ability to preserve each band's personality, without ever phagocytizing it – the man respectfully stayed in the arty darkness of him while allowing bands like Moonspell to bloom the way they were meant to. As not only a gifted producer, but also a musician, Mr. Sorychta plays along Dave Lombardo in Grip Inc., a pissed-off “europamerican” thrash act !

Le site de Waldemar Sorychta.

mercredi 7 décembre 2005

Symbyosis - On the Wings of Phoenix

Des albums français rivalisant largement, voire explosant allègrement la production internationale actuelle, ambitieux et culottés comme plus personne ne l'a été depuis SUP, bien produits, virtuoses sans être chiants et alliant qualité et quantité, vous en connaissez beaucoup ? Eh bien On the Wings of Phœnix de Symbyosis est de ceux-ci. Une épopée sci-fi blindée d'humanité, de sentiments, conceptualisée magistralement par ses deux géniteurs principaux que sont Corrosive Bob et Franck Kobolt. Le but de cette note n'est pas de faire une grosse critique indigeste et scolaire, mais plutôt de saluer cette œuvre-fleuve comme il se doit : c'est à dire en en parlant, tout simplement...

Musicalement, les deux CD sont un pur bonheur : du thrash-death technique ne versant pas dans la démonstration mais qui fait la part belle aux émotions. C'est puissant, la personnalité des compositions est très affirmée, les riffs sont rock solid, brutaux mais mélodiques, toujours carrés de chez carré. La voix se devait de rendre justice à cette boucherie, là encore le maître-mot en la matière est : efficacité maximale ! Une subtile touche symphonique apporte un cachet supplémentaire à l'ensemble en parvenant à éviter les clichés inhérents à cette formule casse-gueule. Visiblement signé par des gars n'ayant plus vingt ans (et tant pis pour l'élégance, nous ne parlons pas de demoiselles), On the Wings of Phœnix arrache vraiment. Pourquoi cette suspicion taquine quant à l'âge des musiciens ? Tout simplement parce que les influences, très perceptibles, jamais nuisibles, sont tellement digérées, assimilées, intégrées qu'un tel travail de composition ne peut pas être le fruit de musiciens ayant découvert Slayer il y a quatre, ni même dix ans. Non, on a clairement affaire à des vétérans décomplexés qui ont mis toutes leurs tripes dans un album qui se veut aussi, c'est flagrant, un véritable hommage à notre style chéri.

A ce titre, le second CD est génial ! Oserais-je l'avouer, bien qu'il ne se veuille qu'un addendum, c'est peut-être celui que je préfère... pour l'instant. Car à sa décharge, OTWOP ne s'apprivoise pas en une ni même deux écoutes. Outre quelques compos supplémentaires (belle ré-actualisation de certains « vieux » titres), on y trouve des reprises aussi personnelles que réussies (et pas forcément évidentes - reprendre The Loneliness of the Long Distance Runner est une gageure autrement plus intéressante que d'entendre une énième version de The Trooper). A signaler la présence d'un hommage à Napalm Death, très efficace, répondant au doux nom de When Napalm Fits to Skin. La bande à Shane Embury peut se sentir flattée à juste titre. Notons également l'irruption bien pensée du thème d'Amicalement Vôtre sur ce CD bonus ! Fugace et vraiment plaisant. Les deux galettes sont dopées à l'EPO en terme d'idées de production (un peu sèche en revanche) : personnellement je suis un grand fan des effets de voix (vocoder et autres) qui rappellent ici Air ou Daft Punk (oui), là le grand Pestilence, et encore ailleurs Cynic... Il est du reste évident que la scène technodeath américaine - vieille de quinze ans mais toujours à l'avant-garde, quel paradoxe - a beaucoup marqué Kobolt, le principal compositeur : flagrant dans les passages plus ambiancés et les soli « spatiaux » propres au style.


Outre la musique qu'il contient, On the Wings of Phœnix est aussi un des plus beaux objets metal qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps : l'illustration de couv' est magnifique et les deux livrets sont sublimes... Se voulant un complément indispensable à l'histoire déroulée par la musique, ces œuvres sont nourries à diverses sources que l'on identifiera... ou pas (mention spéciale au commando robotique frappé du nombre 777). Pour attiser la curiosité, je ne peux que relever, sans en dire plus, le beau clin d'œil adressé à St Seiya. La classe. Bon, n'en jetez plus, la coupe est pleine : le fait est que Symbyosis vient de réaliser un album somptueux que l'on a envie d'aimer et de soutenir inconditionnellement ! Faut pas oublier qu'on est en France, pays peu propice au metal et mal servi par une presse spécialisée longtemps honteuse (à tort) de sa propre scène... L'exemple le plus douloureux restant Massacra, Sodom français réduit à faire un ersatz de carrière outre-Rhin plutôt qu'ici - nul n'est prophète en son pays (en revanche il est de bon ton de les citer aujourd'hui...). A ce propos, désolant de constater que le dernier Hard n' Heavy n'ait accordé qu'une petite chronique vite torchée à ...Phœnix . On n'est pas obligé d'adhérer, on peut ne pas aimer... mais bordel un peu plus de soutien (une interview ou un article évoquant la gestation difficile du projet) aurait été mérité... Au lieu de ça on adoube une énième fois les pénibles SOAD sur dix pages.

Bravo Symbyosis, j'attends la suite avec impatience. Bilan très, très positif, grand album doublé d'un second disque remarquable, travail graphique fabuleux et ambition « force tranquille » jamais arrogante. On oubliera l'anglais pas toujours au top pour retenir l'essentiel : On the Wings of Phœnix est une œuvre d'art au sens premier du terme qui mérite toute l'attention du public metal. Ne pas graver, ne pas copier : à acheter pour le groupe... et pour ne pas se priver de la magnificence du packaging.

nota bene : comme un écho à la note précédente, je viens de remarquer que cet album est dédié à Schuldiner et à Darrell...

Man, last time I saw such an ambitious record as On the Wings of Phoenix was a very long time ago. Packed with a naive high adventures, moving sci-fi concept, I cannot decently ignore that massive (and French !) release. What you’ll find here is your typical techno-thrashin’-hard hittin’-death metal, flawlessly executed by slayeresque barbarians on the top of their game. For all of you symphonic-stuff lovers, OTWOP adds an orchestral edge to its relentless brutality. Don’t miss the second CD (yeah, that monster comes in two fucking parts) : it contains enjoyable covers such as The Loneliness of the Long Distance Runner as well as a tribute to Napalm Death – a good one, that is. And by the way, you do remember The Persuaders’ main theme, right ? So give OTWOP a try – you'll thank me later. Let me add a word about the packaging : fuckin' brilliant piece of art ! CGI magnificence (for once !) bursts within each artwork, referencing today’s pop-n-geek culture – I’m thinking of Saint Seya right now. For sure these metal froggies know the name of the game ! Do not download, or the boogie man will come to rip the fuck out your nuts at night.

On The Wings Of Phoenix (Hidden Association, 2005)

CD1 - On The Wings Of Phoenix
01 The Arrival
02 Truth
03 The Venom
04 Dilemma
05 Seizure of Power
06 War Phenomenon
07 Cupidity
08 Famine
09 Disease
10 Death Apogee
11 Peace

CD2 - Phoenix Ashes
01 Crusades Part IV
02 Crusades Part V
03 Crusades Part VI
04 Life
05 Dreamchild
06 The Loneliness of the Long Distance Runner
07 Read Between the Lies
08 Trail of Tears
09 Twisted Truth
10 When Napalm Fits to Skin
11 Quest of the Dolphin
12 Little Princess
13 Princess Ending

Le site et le Myspace de Symbyosis.

lundi 5 décembre 2005

Deux poids, deux mesures ?


Par peur d'un malentendu ou d'être mal compris, clarifions tout de suite la situation : la mort de Dimebag Darrell il y a quasiment un an jour pour jour est une tragédie tant humaine que musicale. Mais force est de constater que nos chers médias soi-disant dévoués à la cause métallique ont osé faire un choix entre deux hommes, entre deux hommages, un choix dicté par le porte-monnaie. Combien de couvertures mettant à l'honneur Dimebag depuis son odieux assassinat ? Et combien consacrées à Chuck Schuldiner ? La presse française, début 2002, fidèle à sa légendaire incompétence, avait été totalement infoutue d'accorder une seule première page au génial architecte de Death (hormis Metallian, rendons à César ce qui lui appartient - et c'est pas souvent, dans le cas de ce canard). Une véritable honte que personnellement j'interprète comme une marque d'irrespect. Death a beau être un groupe révéré par des légions de fans, malgré l'héritage immense que laisse ce groupe, il demeure en 2005 relativement cantonné à l'underground métallique - et son intérêt financier reste donc limité pour les éditeurs - ce n'est pas exactement le cas de Pantera. Et même si les albums de Chuck continuaient à se vendre dans cent ans (ce qui est probable - la mort précède souvent le génie de nos jours), il est acquis qu'en 2105 les chiffres de vente de Death ne rivaliseraient pas avec ceux de Pantera en 2005.

Pour autant la trace que laisse Schuldiner dans le metal est indélébile et le triptyque miraculeux Human - Individual Thought Patterns - Symbolic n'a pas fini de susciter des vocations. Pantera laisse aussi une carrière très riche derrière lui, et il n'est pas question de comparer qualitativement les deux combos - et encore moins les deux guitaristes. Mais sincèrement, on ne peut qu'être surpris devant une telle différence de traitement. Rock Hard (je crois) avait péniblement essayé de faire acte de contrition en publiant un article tardif (et pas forcément respectueux !) sur le musicien, mais enfin merde, une petite couv', une seule sur Chuck, c'était le bout du monde ? Apparemment oui, faut dire qu'entre cinq couvertures dédiées à Rammstein, trois à SOAD, deux à Nightwish et le reste à Audioslave, il n'y avait effectivement plus de place pour Schuldiner. Quant aux autres (Hard n' Heavy et Hard Rock pour ne pas les nommer), c'est à peine si un entrefilet fut consacré à cet artiste, l'un des plus talentueux qui fut dans la sphère extrême. En revanche là encore, en un an, on ne compte plus les unes et les pages dédiées à Dimebag Darrell. C'est plus vendeur : le porte-monnaie à ses raisons que la raison ignore. Comme l'ont dit AC/DC et Metallica, « money talks ».

RIP Chuck, RIP Dimebag (respectivement morts il y a déjà quatre ans pour le premier et un an pour le second). Et RIP à tous les autres : Baloff, Wayne, Samuelson, Mausolus A. Von Kiszka, Quorthon, Piggy (idem : pas une seule une pour ces deux mecs qui ont révolutionné le metal extrême moderne, c'est pas une aberration ça ?), etc. Soyez vigilants : il est possible que nos chers canards spécialisés vous informent des prochains décès importants. Guettez-les entre une news consacrée au mariage de Marilyn Manson et une autre consacrée au tatouage anti-masturbatoire du guitariste de Korn. So fucked-up, dude, comme dirait Tommy Lee !

It is a shame, but I don’t think Chuck Schuldiner’s trespass has been decently covered back then. I mean, there’s Dimebag all over the place – and that’s fine by me, no disrespect, but what the fuck about Chuck Schuldiner ? Not a single fuckin’ French metal ‘zine, with the notable exception of one, did honor Schuldiner by putting him on its cover. Money talks and I believe that’s why there wasn’t so much noise around Chuck’s death – we can only hope time will give him back what he deserves. I'm tired of being force-fed with bullshits such as Rammstein, SOAD (oh man…), Nightwish and other overhyped acts. I can’t believe my eyes when I look at today’s metal press – no wonder why it’s totally eaten away by its Internet counterpart. I mean, fuck, what about Baloff, Wayne, Quorthon or even Piggy sadly taken away from VoiVod ? I’m fed up reading retarded stories about Manson’s dick or Korn guitarist’s newfound stupid faith. Give us the real deal – and Chuck Schuldiner was the real deal when it comes to metal, as much as Dimebag was, too.

Empty Words, le site-hommage dédié à Chuck Schuldiner.
L'hommage rendu à Dimebag Darrell par Sebastian Bach.

vendredi 2 décembre 2005

L'Empereur Contre-Attaque

Photo - l'une de mes favorites car témoin de la furia adolescente de l'Empereur d'alors - prise en 1993 lors de la tournée avec les vampires de Cradle of Filth. Les norvégiens ouvraient pour les anglais (virez le directeur de casting).

Une bonne année métallique, ça s'évalue en fonction des albums sortis mais aussi au regard des annonces faites au public, certaines plus prometteuses que d'autres. En ce qui concerne le premier paramètre, 2005 aura été un millésime savoureux : quelques véritables chefs-d'œuvre ont paru ces derniers mois. En ce qui me concerne les blockbusters de l'année sont les derniers opus de Gojira, Destruction, Annihilator et Helloween (en gros 2005 est un remake de Papy fait de la résistance, si l'on exclut les jeunes français). Le second paramètre permettant de juger de l'intérêt de l'année, c'est donc son cortège de news. Et pour moi, incontestablement, l'événement c'est l'annonce du Retour du Roi, que l'on pourrait sous-titrer l'Empire Contre-Attaque. Bref, tout le monde a compris : l'ombre de l'Empereur s'étend à nouveau au-dessus du monde métallique, le monarque semble prêt à reprendre une couronne dont personne n'a été véritablement digne depuis son auto-sabordement. Et gageons qu'il le fera par la force ! Les shows récents semblent avoir ranimer la flamme : Ihsahn, Trym et Samoth pourraient bien revenir avec un album sous le bras avant qu'on n'ait le temps de dire « ouf ».

Alors quoi ? C'est un parjure ? Un défi ? Une erreur qu'il faudra commettre pour être réalisée ? C'est vrai que cette annonce semble plutôt incongrue... Emperor s'était retiré des affaires avec une classe seulement égalée par Immortal, entité ayant splittée elle-aussi au faîte de son excellence artistique. Deux groupes souffrant si peu la médiocrité, qu'ils ont préféré mettre un terme à leur carrière avant de commettre un éventuel faux-pas. Désormais l'attente succède à l'incrédulité et pour être tout à fait franc cette décision est un peu décevante question « attitude » : c'était si parfait de finir ainsi ! D'un autre côté un groupe aussi unique et intelligent ne pouvait pas avoir tout dit en si peu d'albums... à moins de se perdre ? Et le dernier chapitre - plus un album solo d'Ihsahn qu'un véritable Emperor - était si abscons, si dense, si impénétrable... qu'après tout il suggérait qu'un jour, les pièces manquantes au mystère Emperor seraient ajoutées. Et ce jour semble se concrétiser.

En tout cas si album il y a, ce n'est pas non plus pour demain : laissons d'abord l'Empereur se recomposer puis se réinventer. Espérons seulement qu'Ihsahn et Samoth nous préparent une troisième phase de carrière encore plus géniale que la deuxième (je mets délibérément de côté la première : la période 91-94 est indétrônable et l'Album de Black Metal Ultime s'appelle, pour encore de nombreux éons, In The Nightside Eclipse). Énigme à cent balles : comment faire mieux que Thus Spake the Nightspirit ou With Strenght I Burn ? Pour l'instant, ne je vois pas. Long live the mighty Emperor !

2005 was a good millesime for metal : I never thought I would fall in love with Gojira’s From Mars to Sirius, but this record’s a milestone in death metal history (as well as the long-awaited second coming of French death metal since the heydays of personal favorite Loudblast). Helloween and Destruction did put out pretty decent albums too, as well as Annihilator, ready to take over the world a second time – well, maybe. But isn’t the most important momentum of the year the return of fuckin’ Emperor ? Recent gigs went very well it seems, so why not imagine the mighty horde releasing a new album ? To tell the truth, I’m not so sure that would be a truly brilliant idea : the band’s split was a classy one, only matched by Immortal’s. Why the return now ? On the other hand, Prometheus remains so hermetic today – don’t you think it screams for a heir to be enthroned a second time ? But hey… if Emperor is ever likely to put out another release, how would it top Nightside Eclipse or Anthems to the Welkin – and is it only possible ?

mercredi 23 novembre 2005

Un début à tout (en attendant la fin de tout)

Début 1991 (ou fin 1990 ?). J'ai une dizaine d'années, et en tant que jeune lecteur insatiable à l'époque (aujourd'hui je ne lis plus que la page people du Point), je fréquente régulièrement la petite bibliothèque municipale de mon bled. Un mercredi après-midi, en ramenant un fameux Dictionnaire des Monstres du Cinéma, je remarque une K7 dont la pochette flashy et énigmatique m'attire inexorablement l'œil... Diantre ! Qu'est-ce donc ? Un espèce de visage déformé, des lignes fluo bariolant une jaquette très arty (comprendre : « années 80 » )... On ne distingue pas grand-chose mais la graine de la curiosité a été semée. Croyez-moi, elle pousse encore. Je déchiffre le logo non sans peine (j'ai obtenu depuis le grade Champollion à ce petit jeu, black metal oblige) : Def Leppard. J'apprendrai un peu plus tard que ce nom signifie Léopard Sourd. Ni une, ni deux, j'embarque le trésor analogique chez moi pour l'écouter dans mon petit magnétophone... Et là, c'est le choc total, l'hallucination auditive, un coup de foudre qui ne s'est depuis jamais démenti. Ma mère ne semble pas fan puisque pour la première fois de ma vie j'entends une phrase qu'elle ne cessera de décliner des années durant : « c'est de la musique de sauvages quand même » (même si certains trouveront grâce à ses oreilles comme Theatre of Tragedy ou Therion bien plus tard)...

Dès les premières secondes, une ambiance à la fois chaude et synthétique s'installe et perdure tout l'album. Des notes surgies de je-ne-sais quel instrument (guitares électriques bien évidemment) résonnent dans un vide spatial (réverb' à la Mutt Lange donc) avant de lancer le premier morceau. C'est extraordinairement puissant, évocateur, j'ai la sensation d'une porte ouverte sur un imaginaire insoupçonné. Cet album, c'est Hysteria, j'en suis tombé instantanément amoureux et bien plus encore. Un monde musical s'ouvrait à moi, et inutile de dire que ça me changeait des thèmes de jeux vidéos copiés sur K7. Après m'être renseigné sur le genre auquel la bête était affiliée, à savoir le « hard » comme on disait alors, plus rien ne fut jamais comme avant.. En quelques semaines j'avais copié tout ce que la bibliothèque possédait - c'est-à-dire peu de chose : New Jersey de Bon Jovi, Rust In Peace de Megadeth (un album que j'ai apprivoisé sur plusieurs années avant de finalement le vénérer), le 1916 de Motörhead - un album indispensable et méconnu - et Let There be Rock d'AC/DC (j'ai encore toutes ces vieilles K7 repiquées quelque part). C'est à cette époque que j'ai découvert l'un des meilleurs albums de tous les temps (Appetite For Destruction), ainsi que Metallica par le biais d'un copain partageant la même passion. Et quelques mois plus tard, voici que je découvrais un groupe qui reste depuis mon totem, que je soutiendrais envers et contre tout (je peux même vous expliquer pourquoi No Prayer For The Dying est un album génial) : Iron Maiden.

Pour en revenir brièvement à Hysteria, il est évident que je n'ai rien à dire d'objectif dessus, de la même façon que Proust ne pouvait pas savourer objectivement une madeleine ! Reste que cet album est fréquemment donné comme étant le meilleur du groupe (dont je ne suis par ailleurs pas spécialement client), et possède une production singulière, unique même, signée Mutt Lange, l'un des grands sorciers du son de l'époque. Difficile de décrire le résultat, à la fois organique et synthétique, dont le disque bénéficie. Une chose est sûre, malgré les milliers d'albums que j'ai écouté depuis je n'ai plus jamais ré-entendu un tel son. Pour l'anecdote la gestation de Hysteria dura quatre longues années marquées par un tragique événement (pas le dernier qu'allait connaître le groupe) : le batteur perdit un bras dans un choc routier. Il conserva cependant son poste, qu'il tient encore à ce jour - unique et admirable. Que dire de plus ? Écoutez Hysteria. En ce qui me concerne, ce n'est pas Lautréamont qui a allumé la mèche, mais c'est cet album !

It all began in my remote village’s tiny public library, in ’90 or ’91, when, as a curious little boy, I was hooked by a strange record cover. Flashy colors, an eerie face melting into strange screaming features… Man, that was it, I had just found Def Leppard’s Hysteria, an album that means so much in my life. As soon as I put the strange fucker in my crappy boombox, the metal seed did instantly grow in me, never, ever to be gone since. So Hysteria began playing : atmospheric, synthetic albeit aggressive in terms of sound, it just totally blew me away – totally. I was then mainly listening to video games soundtracks, and, as a hint of my future love, I was secretly fond of Michael Jackson’s Beat It. From there it was just a succession of genuine, passionate discovers as I borrowed LPs such as New Jersey, Rust In Peace, 1916, Let There Be Rock… But more was to come when I stumbled upon Metallica, GNR and Iron Maiden. A classic gone-too-far affair : you can’t go back – you just have to discover more. And more. And more. Do not expect me to say anything, good or bad, about Hysteria : as the starter of it all, it truly is, since then, ma petite madeleine de Proust. I am not a big fan of Def Leppard but hey, what a sound those guys had in these days – thanks to Mutt Lange, sonic wizard extraordinaire. So what about you ? What was it that forever turned you into a true metalhead ?

dimanche 20 novembre 2005

Heureusement qu'on se faisait ch**r dans les centres de jeunesse allemands !

« Le groupe a commencé en 1982 comme un simple hobby. C'était ça ou passer notre temps à traîner dans les MJC. Aucun d'entre nous n'avait jamais eu l'ambition de réaliser un jour un album, et quand nous ne jouions pas nos chansons aux titres fameux comme Shoot them in the head, Shellshock ou Heavy Metal Fight, nous reprenions du Priest, Venom ou Twisted Sister. A un moment, nous faisions même Born To Be Wild de Steppenwolf. Notre version était atroce, mais je me souviens de ce biker qui l'avait vraiment appréciée lorsque nous avions joué à Velbert en première partie de Living Death, en 1984 - le premier concert officiel de Tormentor. Nous écoutions tous Mercyful Fate, et Ventor était ouvertement sous l'influence du King dans le morceau Armies of Hell extrait de notre première démo - End of the World (en fait, c'était plus précisément notre seconde démo, si vous comptez comme telle la Blitzkrieg tape enregistrée sur un transistor Woolworth dans la salle de répétition).

Le tape-trading était alors un vrai phénomène dans l'underground metal, et j'avais envoyé quelques démos à mes correspondants en échange d'un nouveau bootleg live de Raven et de quelques démos de black metal sud-américain. Stoney, qui a toujours été un peu un membre officieux du groupe, avait beaucoup aimé la démo de Tormentor et décida d'en faire deux copies pour les envoyer à SPV et à Noise Records. Étant perfectionniste et prompt à l'autocritique, je n'avais pas vraiment apprécié cette initiative car je pensais que nous devrions attendre d'avoir de meilleurs morceaux... Mais Stoney se ramena un jour avec une lettre de Karl Walterbach, le président de Noise Records, qui disait vouloir entendre plus de matériel car il pensait nous signer. Quelques-uns de mes groupes favoris comme Slime, Hellhammer et Celtic Frost étaient sur Noise/AGR, j'étais donc très excité à l'idée d'enregistrer un album pour cette compagnie (même si nous n'avions que six morceaux). Après quelques intenses séances de composition, une organisation digne d'un casse-tête chinois (aucun d'entre nous n'avait dix-huit ans, donc pas de permis, et le studio était à Berlin - j'ai dû demander au mari d'une cousine de nous emmener là-bas, entassés avec nos instruments dans son van), et d'interminables discussions avec les profs visant à leur expliquer qu'enregistrer un album était plus important qu'une interro d'histoire, nous sommes finalement arrivés aux CAT studios sans la moindre foutue idée de ce qui nous attendait... mais avec dix morceaux.

Durant la session, Walterbach nous dît qu'il fallait que nous changions notre nom : il existait déjà un autre Tormentor. Nous finîmes par choisir Kreator. Pour nous, être en studio et enregistrer un album, c'était totalement hallucinant et génial... Nous ne pensions même pas à l'éventualité d'un second album. Mais Endless Pain fut particulièrement bien reçu par la planète metal, et Walterbach nous rappela huit mois plus tard pour faire un autre album. Mais ceci est une autre histoire... »


Mille Petrozza, commentaire intégré à la réédition de Endless Pain (Noise, 2000).


"The band started as some kind of spare time fun in 82 as an alternative to hang out in youth centers all the time. None of us ever had the ambition to ever do an album whatsoever and when we didn't play our own songs with famous titles like Shoot Them in the Head, Shellshock or Heavy Metal Fight we would do Priest, Venom or Twisted Sister covers. We even did Steppenwolf's Born to Be Wild at one point in time which sounded awful, but the biker guy in the audience at our first official Tormentor gig in 84, supporting Velbert's Living Death, got really into it. We were all listening to Mercyful Fate, and Ventor was obviously influenced by the King on the song Armies of Hell from the first demo End of the World (well actually, it was already the second one, if you do count the Blitzkrieg tape which we had recorded on a Woolworth boombox in our rehearsal room). Tape trading was big in the metal underground back then and I had sent out some demos to my penpals in trade of the new Raven live tape or recordings of South American black metal bands : Stoney, who has always been a somewhat unofficial member of the band, liked the Tormentor demo very much and decided to make two copies and send them out to SPV and Noise Records. I - being very self-critical - did not like this idea too much thinking that we should wait until we have better songs, until Stoney showed up with a letter saying that Karl Walterbach, head of Noise Records, was interested in hearing more material because he wants to sign us. Some of my favourite bands like Slime, Hellhammer and Celtic Frost were on Noise/AGR, so I was pretty excited about the fact that we were going to make an album for them (even though we only had around six songs). After some heavy songwriting, complicated organisation (none of us was eighteen, so nobody had a driver's license and the studio was in Berlin - so I had to ask my cousin's husband to drive us as well as our equipment in his van) and discussions with our school teachers about the recording of an album being more important than history tests, we arrived at CAT studios with no fuckin' idea and 10 songs. During the session Walterbach told us that we had to change our name since there was another Tormentor somewhere - so we came up with the name Kreator. For us being in a studio, doing an album was so amazing and mind blowing... we didn't even think about the possibility of doing a second album. But Endless Pain was very well received by the metal world, and Walterbach called us again eight months later to do another album. But that's a different story..." (Mille Petrozza, Endless Pain re-release liner notes).

jeudi 17 novembre 2005

Keeper - The Legacy : les citrouilles ne plaisantent plus


Mais pourquoi avoir estampillé cet album du label Keeper of... ?  Très bon au demeurant, il ne rivalise cependant jamais avec ses deux illustres prédécesseurs. Affublé d'un autre titre, il aurait paradoxalement été encore mieux reçu (bien que le succès critique semble être au rendez-vous). Eh oui, c'est psychologique : les attentes étaient particulièrement exigeantes avec cette ruse de bas-commerce. L'esprit est faible, que voulez-vous. Moins que la chair, mais tout de même. Arrêtons avec le titre et oublions la pochette, sur laquelle je n'ai toujours pas réussi a me décider : magnifique ou hideuse, le débat est ouvert - on ne peut pas avoir un visuel aussi classe que Better Than Raw à chaque fois. Ce cru 2005 confirme que nos citrouilles sont bel et bien dans un courant ascendant depuis maintenant un bon moment. L'époque peu glorieuse d'un groupe peinant à se reconstruire une identité, résistant tant bien que mal aux coups de boutoir portés avec la régularité d'un métronome par le rival Gamma Ray est loin.

Les deux CD sont gavés de tueries (The King For A 1000 Years, The Invisible Man, Born On Judgment Day, Pleasure Drone, Occasion Avenue, Get It Up...), bien qu'handicapés par l'inclusion de quelques morceaux nettement plus faibles - des fillers qu'on aurait été surpris de ne pas trouver sur un double-album. L'ambiance générale est très bonne, on appréciera notamment les intros ouvrant les galettes : un discours très « Tolkien-style » et un quidam cherchant une station radio sur un tuner, l'occasion de zapper entre quelques titres issus des deux premiers Keeper of the Seven Keys. On retrouve, comme toujours, un travail guitaristique hallucinant de vitesse, de précision et toujours soucieux de préserver mélodies-tempo-harmonies (Bernard si tu nous lis). Andi Deris est en super forme, mais il n'a de toute façon jamais eu rien à envier à Michael Kiske (pour les insultes, voir le mail ci-contre). La production signée Bauerfeind (Angra, Rage, etc) est excellente et confère à l'album une clarté indispensable, qui rend justice aux morceaux souvent complexes et stratifiés. Que dire d'autre ? Le morceau « fun » indispensable à chaque album d'Helloween, tantôt pourri, tantôt génial, est fidèle au poste : Mrs. God est à Keeper - The Legacy ce que Dr. Stein et Anything My Mama Don't Like sont respectivement à Keeper II et The Time of the Oath.

Bref, ce Keeper - The Legacy est un très bon album de heavy speed teuton faisant honneur à ses géniteurs, renouant quelque peu avec le caractère enjoué d'Helloween après la « parenthèse désenchantée » qu'était The Dark Ride. Face à un Gamma Ray actuellement en petite forme, nos citrouilles peuvent être fières d'elles ! La petite faute de goût demeure donc le titre de l'album : les deux monuments que sont Keeper of the Seven Keys I et II demeurent intouchables et il eût mieux valu les laisser dormir pour toujours. Mais les goûts sont aussi une affaire de génération et il n'est pas impossible que les plus jeunes découvrant Helloween aujourd'hui soient en désaccord avec moi sur ce point !

Come on… why the “Keeper” tag on such an album ? Helloween’s latest release is good enough to stand on its own without an almost pathetic, commercially-driven nod to its prestigious past. Truth is, the Pumpkins in 2005 are finer than ever since the last ten or fifteen years. Brilliant, blistering guitar work goes along with Andi Deris agressive-yet-melodic delivery, while Charlie Bauerfeind’s production magnifies gems such as The Invisible Man, Occasion Avenue or Get It Up. For all of you pumpkin ’eads Helloween did not forget the usual joke-song, and I have to say that Mrs. God is a pretty decent modern take on ol’ fuckin’ Dr. Stein. At the end of the day, one must recognize that Keeper of the Seven Keys – The Legacy is somewhat a real return to form for Helloween. Once again, don’t ya think you’ll find any keepers or keys in there, but honestly speaking, this is a very good heavy metal album – filled with teutonic harmony and melody.
 Got it ?

Keeper of the Seven Keys : The Legacy (SPV, 2005)


CD1

01 The King For A 1000 Years

02 The Invisible Man

03 Born On Judgement Day

04 Pleasure Drone

05 Mrs. God

06 Silent Rain


CD2

01 Occasion Avenue

02 Light The Universe

03 Do You Know What You Are Fighting For ?

04 Come Alive

05 Shade In The Shadows

06 Get It Up

07 My Life For One More Day


Le site et le Myspace d'Helloween.

mardi 15 novembre 2005

Under the Sign of Moltonel

Sacré Gorgoroth ! Ça joue les méchants, mais ça fait moins les malins quand ça se fait subtiliser sa liste de doléances adressée à toutes les salles les accueillant actuellement (tournée avec les chérubins de 1349). Liste évidemment diffusée ensuite sur divers medias metal.

Authentique ou tout en toc, je ne sais pas... Ceci dit rions un peu, le seul but de cette notule est de dérider un minimum son lecteur - autrement dit ne nous prenons pas trop au sérieux. La lecture de quelques sujets enflammés trouvés sur le net ici et là, ayant pris un peu trop à cœur cet article daté du 15/11/05 me pousse à faire cette petite mise au point aujourd'hui 11/05/07... Le petit monde du black metal n'est décidément jamais plus comique que lorsqu'il se prend au sérieux - c'est-à-dire à l'heure du goûter. Revenons-en au sujet en précisant que je n'ai pu m'empêcher de rajouter ici où là des commentaires entre parenthèses ! C'est parti pour la rigolade, car certains desiderata sont hallucinants de la part d'un groupe de black metal pur et dur ! Ces messieurs souhaitent donc, selon cette wishlist dont je ne défends pas forcément l'authenticité :

A l'arrivée :

- sandwiches au fromage, jambon et salami pour douze personnes
- thé et café (ne pas oublier le lait et le sucre)
- 1 glacière contenant divers sodas

Dans les loges :

- thé et café (Catherine Ceylac en option)
- 3 bouteilles 70 cl de Jack Daniel
- 1 bouteille 70 cl de Kahlua
- 1 bouteille 70 cl de vodka finlandaise svp
- 1 litre de gin (bombey saphire de préférence)
- 2 bouteilles de rouge Amarone (rangez votre litron de Villageoise)
- 2 litres de lait « très riche » (plus riche que Gorgoroth en tout cas)
- 70 canettes de bière 33cl, min. 4,5%, max. 5% (de la bière à moins de 5% pour Gorgo ? Pas le dernier des scoops, attendez le papier-cul avant de rigoler)
- 24 bouteilles 50 cl d'eau gazeuse et non gazeuse
- 12 canettes « energy drinks » Red Bull ou Dark Dog (désolé Black Goat n'existe pas)
- 4 paquets de cigarettes (Marlboro Red / Lucky Strike), cigarillos et cigares (smoking ist krieg !)
- 24 bouteilles et canettes 33cl de sodas divers, parmi lesquels : Coke et Sprite
- beaucoup de fruits et de légumes frais (une bonne true-carotte avant d'attaquer le show, y'a que ça de vrai)
- 4 larges coupes en plastique (pratique pour boire du sang, peut aussi servir à poser une true-pizza en cas d'ingestion d'une bière de plus de 5%)
- des glaçons (le premier qui lit « des garçons » sort ; on parle de Gorgoroth, pas de Dark Fufu !)
- préservatifs goût fraise (toujours mieux que « piment rouge », si vous voulez mon avis - et ce sera mon seul commentaire)
- des fraises et du champagne (fraise encore ! Qui c'est qu'est enceinte ?)
- du papier-toilette rose extra-doux (lacérer une tête de porc, oui, mais pas question de s'égratigner le fion chez Gorgo)
- 25 grandes serviettes blanches et propres (oui, "propre" est bien spécifié. En toutes lettres)
- 5 couvertures

Repas :

Un repas complet pour cinq personnes doit être fourni à la charge du tourneur. Pas de repas type fast-food ou en-cas. Le repas doit être accompagné de boissons alcoolisées. Veuillez noter que l'un des membres de Gorgoroth est végétarien (on a trouvé celui qui ne bouffe pas de bébés), ainsi que l'un des membres de l'équipe.

Scène et autres spécifications additionnelles (diantre) :

- 50 têtes de moutons (Brigitte Bardot ist krieg !)
- 200 mètres de fils barbelés (c'est pour les groupies. Plus on est de folles, plus on rit)
- 1 charpentier avec l'équipement nécessaire pour construire des barricades (???), des croix (n'importe quel bois fera l'affaire, de toute façon c'est pour y foutre le feu), des supports de fils barbelés, etc (cours de travaux pratiques après le concert avec un atelier animé par Nattefrost)
- 1 masseuse (ben voyons) pour le groupe disponible un jour sur trois pendant la tournée. La personne devra être là dès l'arrivée du groupe ou durant l'après-midi au plus tard.

nota bene : je précise à toutes fins utiles que j'aime beaucoup Gorgoroth... encore plus maintenant !

Talkin’ about comfort on the road ? Ask Gorgoroth, the boys will tell you all about their tales of high adventures involving hi-tech bog rolls, veggy meals, strawberry-flavored condoms and… masseuses. Or maybe they’ll tell you nothing. Is it true, is it false ? To tell you the truth I don’t give a fuck – this is just hilarious, except for too-serious lowlife fuckers wasting their time on threads, ill-speaking of the mighty Sheol.

mardi 8 novembre 2005

Vio-lence : du bon thrash qui tâche (pistache)

Vio-lence ! Avec un nom pareil nous sommes fixés sur la teneur en agressivité de la bestiole. Les albums de ce groupe culte (et pour une fois ce n'est pas un abus de langage) se sont vus récemment réédités et il faut à tout prix se les procurer ! Les deux chefs-d'œuvre de Vio-lence sont Eternal Nightmare (1988) et Oppressing the Masses (1990). Le premier est réédité avec en bonus un live d'une vingtaine de titres et le second se voit agrémenté de l'excellent EP Torture Tactics (1991). A ce niveau-là c'est plus de la valeur ajoutée, c'est un don des dieux. Le remastering est excellent et c'est vraiment l'occasion de (re)découvrir ce groupe : les pressages originaux sont absolument introuvables même si une copie d'Eternal Nightmare refait surface de temps en temps sur la baie (rarement à moins de 60 euros).

Rappelons que Vio-lence est l'un des plus virulents représentants de la scène bay area-thrash, bien plus bourrin et technique que la plupart de ses coreligionnaires. Le groupe est fondé en 1985 sous le nom Death Penalty et commence sa carrière discographique deux ans plus tard avec l'intégration de Robb Flynn (qui venait de quitter Forbidden, encore un combo excellent tombé dans l'oubli). L'une de ses caractéristiques majeures est le chant très particulier de son vocaliste - et excellent parolier - Sean Killian. Typiquement l'un de ces chanteurs que l'on aime ou que l'on déteste inconditionnellement, et pas besoin de trente-six écoutes pour se forger un avis définitif. Bourrés de soli aussi mélodiques que techniques, soutenus par une section rythmique en béton armée (ce batteur !), les morceaux de Vio-lence ont gardé toute leur efficacité malgré le poids, impitoyable dans le domaine, des années. Et la complémentarité / complicité entre les deux guitares reste un cas d'école. Au niveau textuel, sans surprise, Vio-lence perpétue la tradition anarcho-gauchiste de son genre et propose des paroles engagées dont on pensera ce que l'on voudra, mais loin, si loin des clichés que les ignares collent au style (quand on pense que Megadeth et Slayer ont passé leur carrière à disséquer la société américaine, certes en usant de sinistres métaphores, pour que beaucoup n'en retiennent que du bruit et des sweats à tête de mort...). Bref, Vio-lence c'est du thrash au top niveau engendré par des musiciens qui jouaient comme si leur vie en dépendait.

Alors oui, aujourd'hui Vio-lence n'est plus ce qu'il a été, mais le groupe existe toujours et a récemment rejoué dans son incarnation historique pour un concert de soutien à Chuck Billy de Testament (qui luttait alors contre le crabe). Flynn quitte ses petits copains en 1992 et s'en va former avec le succès que l'on sait Machine Head, alors que Vio-lence sombre peu à peu dans les limbes de l'histoire du thrash, laissant néanmoins un héritage qui se doit d'être découvert par chaque nouvelle génération de metalheads. Inutile de préciser que pour moi Vio-lence est ce que Flynn a fait de mieux : ce que je préfère dans Machine Head c'est le T-shirt Slayer qu'Adam Deuce porte dans le clip de Davidian ! Dernier mot : lorsque Machine Head a dû remplacer Ahrue Luster, Flynn s'est souvenu de l'excellence de son ancien compère de l'époque Vio-lence, Phil Demmel. Voici pourquoi l'on trouve deux ex-Vio-lence dans Machine Head. Même si je n'apprécie pas ce groupe, j'aime beaucoup ce genre de filiation - quelque chose me dit que l'éventuel album qui suivra cette réunion risque de faire beaucoup parler de lui !

Man, do I love Vio-lence’s Eternal Nightmare and Oppressing the Masses... Recent re-releases of these gems should not be avoided given their quality. As a fierce metal-thrashing-mad bay area act, with over-the-top musicianship and… violence, Vio-lence is still standing out today. Socially-aware lyrics are spitted back and forth in your ears by Sean Killian, a full-throttle, loathe-him or love-him vocalist, while Phil Demmel is shredding some manic riffs long before his Machine Head days (Robb Flyyn did play, too, in Vio-lence). I recently heard that Vio-lence did regroup for a Chuck Billy benefit-show. And last but not least, given that Machine Head now sports two ex-Vio-lence members in its ranks, I do believe next album may very well be a surprising album !

Le site et le Myspace de Vio-lence.